Univers du son

Le Son dans son approche thérapeutique

Deuxième partie

Olga Roux

Les ambiances bruyantes, les atmosphères anxiogènes, les divertissements stressants, produisent des effets négatifs dans le corps tels que l’augmentation des battements cardiaques et de la tension artérielle, spasmes intestinaux, réactions cutanées, transpiration… Si l’exposition aux différents stress perdurent, les manifestations s’amplifient et peuvent amener un dérèglement hormonal, de l’hypertension, des insomnies chroniques, des troubles de l’anxiété voir des tendances dépressives. La liste est longue et les causes multiples. Alors que tout naturellement, sans rien faire, lorsque le climat extérieur et l’ambiance extérieures sont douces et rassurantes, le cœur ralentit, la concentration augmente, la conscience s’élargit ; le processus du bien être indissociable à la santé s’installe naturellement. .
femme accroupie au sol
homme qui se cache les oreilles

Et si le processus de la maladie était le résultat amplifié des émotions en tous genres ?

Nous sommes en droit de nous poser la question. A la lumière des recherches scientifiques actuelles, nous constatons que de plus en plus d’hôpitaux proposent aux malades, en plus des traitements, des séances axées sur la détente et le bien-être. La sonothérapie fait partie des techniques de plus en plus présentes au même titre que le yoga, la sophrologie, hypnothérapie…

Le son et le système nerveux

Les fréquences modulées avec finesse et suggérées avec une attention particulière agissent instantanément sur le cerveau du receveur et le système nerveux dans son ensemble. Ainsi, les effets des fréquences ont été répertoriées. En effet, il ne s’agit de frapper n’importe comment sur un ustensile quelconque. Le praticien organise la séance à l’aide de différents instruments, il module ses attaques, joue avec le rythme et les tenues des sons pour créer un climat propice à la détente. Il s’adapte également au receveur grâce à une écoute particulière, et en développant son empathie. La séance de sonothérapie devient un échange basé sur la confiance, une circulation énergétique entre deux êtres.

Le cerveau produit de l’électricité grâce à l’activité neuronale ; les ondes cérébrales formes des oscillations au même titre que les fréquences musicales. Elles sont en outre dotées d’un rythme qui se modifie en fonction des activées et de l’état d’esprit qui en résulte ainsi que l’état émotionnel. Ainsi les ondes sonores peuvent modifier l’impact de stress directement au niveau de la sphère cérébrale, et ralentir l’activité afin de ressentir un état de calme, de détente et de s’approcher d’un état méditatif.

Les ondes cérébrales sont identifiées par les cinq lettre grecques : Alpha, Bêta, Gamma, Delta, Thêta. Il faut bien comprendre qu’elles coexistent en permanence mais leurs proportions se modifient en fonction des besoins. Ainsi, lorsque nous sommes concentrés sur une tâche, nous produisons plus d’ondes Bêta nécessaires à la concentration. A l’inverse, lorsque nous sommes installés sur un coussin de méditation, les ondes Thêta sont les bienvenues !

Malheureusement, lorsque la machine s’emballe et que nous avons sursollicité nos capacités intellectuelles, il y a surchauffe ! Nous ne parvenons plus à ralentir le processus et subissons les contre coups du travail acharné. Nous comprenons aisément que si nous parvenons à modérer les oscillations, notre état d’esprit change tout autant, par sympathie : on parle d’état de conscience.
Autre point essentiel, les familles d’ondes induisent des fonctions dans l’organisme humain. IL existe bien un lien étroit entre les ondes cérébrales et fréquences sonores.

Les ondes Delta permettent au corps et à l’esprit de récupérer ses forces vitales, l’hormone de croissance est libérée et les tissus se réparent. Le système immunitaire se renforce. Le système glymphatique entre en action, ce qui permet le nettoyage des déchets du cerveau par l’augmentation de la circulation du liquide céphalorachidien qui pénètre dans le parenchyme cérébral le long des artères, traverse les tissus pour capturer les déchets cellulaires, pour l’évacuer le long des veines. Ce processus augmente de 60 % pendant la phase de sommeil profond. Ce même système permet également l’élimination des protéines toxiques Aβ et τ, dont l’accumulation est un facteur clé de la neurodégénérescence.

Les ondes Thêta correspondent à cet état entre deux eaux, autorisant l’apparition des rêves, l’éveil de l’intuition et donne accès à la mémoire profonde. Cet état de détente intérieure, ouvre un espace libérant la part de créativité de chacun d’entre nous. Cet état d’unité permet d’intégrer plus facilement de nouvelles données – nous comprenons ainsi aisément que l’apprentissage doit se faire dans un climat de bienveillance et de douceur. Si des techniques de méditations sont mises en place à ce moment propice, les états de consciences modifiées se libèrent. Les notions de temps, d’espace et de soi s’élargissent. 

Les ondes Alpha représentent l’antichambre entre les états d’activité consciente et les phases d’intériorisation profonde. Il suffit de relâcher les tensions immédiates, respirer en conscience, écouter une musique douce, se balader en forêt ou se baigner dans la mer…. Tout ce qui permet de lâcher-prise. Pendant la séance de yoga, en posture de savasana, les pratiquants sont invités à prendre simplement conscience du corps et du souffle, sans injonction, juste la qualité d’écoute suffit. L’apaisement du système nerveux se fait immédiatement ressentir, une concentration naturelle s’installe, ce qui permet de se recentrer sur l’essentiel et laisser au vestiaire les soucis de la journée.

Les ondes Bêtha prédominent quasiment en permanence puisqu’elles sont produites dans notre quotidien avec cependant une petite connotation de vigilance permettant l’analyse rapide, les réponses du tac au tac, un traitement d’information en temps réel, et les solutions optimales ! Leur caractéristique se situe au niveau de leur étendue puisqu’elles évoluent à partir d’un état relativement décontracté, avec une concentration efficace et adéquate mais jusqu’à la phase critique du stress lorsque les sollicitations deviennent excessives.

Les ondes Gamma peuvent apparaitre lors des moments de cohérence cognitive intense pour la prise de décision délicate demandant une analyse engageante allant juste qu’à des pensées fulgurantes et des « coup de génie ». Les perceptions sensorielles sont alors souvent altérées afin de ne pas court-circuiter l’action. Il semblerait que la coordination cérébrale devient optimale.

ondes